De nouveaux objectifs – en particulier concernant le logement – sous-tendus par trois défis en prise sur la réalité, un projet spatial régional portant une nouvelle vision de l’aménagement du territoire francilien : le projet de SDRIF, bâti sur le principe de subsidiarité, s’inscrit sans conteste dans un profond renouvellement des modes de planification territoriale en Île-de-France.
Le rapport du projet de SDRIF s’adosse ainsi aux trois défis majeurs que représentent aujourd’hui la cohésion sociale et territoriale, l’anticipation du changement climatique et du renchérissement des coûts énergétiques, ainsi que le rayonnement international de la métropole. Ces défis sont déclinés en « cinq objectifs pour un développement durable de l’Île-de-France », au premier rang desquels figure la nécessité d’augmenter significativement l’effort régional de construction de logements : il s’agit ainsi de passer de moins de 40 000 logements actuellement construits par an à 60 000 logements construits chaque année, soit 1,5 million de logements à l’horizon 2030. Le développement d’équipements et de services de qualité, la valorisation des ressources naturelles et l’accès à un environnement préservé, le dynamisme économique et international de la métropole, ainsi que la mise en œuvre d’une nouvelle politique des transports complètent cette déclinaison en objectifs stratégiques.
Au cœur du document figure le projet spatial régional. Celui-ci s’adosse à une nouvelle morphologie de l’agglomération distinguant le cœur d’agglomération, l’agglomération centrale, les autres agglomérations et l’espace rural.
Il propose une nouvelle géographie stratégique et prioritaire, couvrant l’ensemble de la région et ciblant aussi bien les espaces urbains que les territoires naturels. Celle-ci s’appuie sur un découpage en cinq grands faisceaux de l’agglomération, cadre de dialogue entre les acteurs locaux et de coordination stratégique, qui dépassent les limites de la région Île-de-France.
De nature prescriptive, les orientations d’aménagement apportent une réponse nouvelle au double défi de la production de logements et de la limitation de la consommation d’espace : l’identification de secteurs de densification préférentiels et l’expression d’une valeur minimale de la densité de logements par hectare dans les zones d’extension urbaine dites « secteurs d’urbanisation préférentielle », la perspective de secteurs d’urbanisation conditionnelle en sont quelques exemples remarquables.
Enfin, dans le prolongement de la très large concertation mise en place pour l’élaboration du projet de SDRIF, le respect de la subsidiarité irrigue l’ensemble du document, notamment en termes cartographiques : Un premier élément provient de l’échelle de la carte de destination générale des différentes parties du territoire, conçue au 1:200 000 donc moins détaillée que ne l’était la carte de destination générale des sols du SDRIF de 1994. Mais, comme cette dernière, elle est subordonnée au texte du SDRIF et ne peut en être dissociée.
Il faudrait tout autant insister sur les modes de représentation des zones à vocation urbaine ou encore sur la capacité de développement urbain non cartographié, qui laissent aux collectivités locales des marges de manœuvre importantes.